Vers l’eau, vers le feu (1999)

pour violon et dix-huit instruments : 1(+Picc.).1CA.2(1Clb).1./1.1.1.0./Tim. 2 Perc. Ha.Cél/1.1.1.1.1. (14′)
Percussion : vibraphone, crotales, cloches-tubes, grosse caisse, 3 tam-tams (grave, médium, aigu), 3 cymbales suspendues (grave, médium, aiguë), 3 toms (grave, médium-grave, médium).
Commande de Radio France

A Noëmi Schindler

Création le 14/10/00 à Paris (Maison de Radio France) par Noëmi Schindler et l’Orchestre Philharmonique de Radio France, direction Pascal Rophé.

Autres exécutions par Noëmi Schindler et l’Ensemble Orchestral Contemporain, direction Daniel Kawka.

Éditions Jobert

CD LI 05 – 0201 Noëmi Schindler et l’Ensemble Orchestral Contemporain, direction Daniel Kawka.

Ce concerto qui débute directement en compagnie du soliste ( comme Beethoven le fait dans son 4ème Concerto pour piano ) s’inspire des idées contrastées de continuité sans heurt et de changement d’apparence, concepts exprimés par Gaston Bachelard dans ses livres majeurs ( L’eau et les rêves et La psychanalyse du feu ).

Fondée sur une architecture en trois panneaux, la partition déroule une écriture – parfois microtonale dans son expression mélodique – dans laquelle concision mélodique et fluidité horizontale ( ascensionnelle ) vont de pair. Néanmoins, quelques suaves contrariétés harmoniques ( notamment aux cuivres et aux bois dans le courant de la première partie ) viennent sporadiquement planter quelques signes héraldiques complémentaires. Plus cristallines que sibyllines, les résonances diaphanes qui hantent la deuxième phase auréolent un lent cheminement, mystérieux et sinueux. Enfin, le tonnerre des timbales introduit un subtil camaïeu dans le propos des cordes, jeu rehaussé par la dynamique des vents. S’ensuit une scène de tendres hologrammes auxquels s’associent les grands intervalles visionnaires du violon solo. La coda émancipera le relief ainsi éclairé ; seul le violon s’envolera vers d’autres lieux. « Les marbres blancs en blanches chairs / Se refont dans des corps divers » chantait en son temps Théophile Gautier.

Nathalie Dumesnil écrit dans le programme du concert du 28/5/02 donné au Havre que « le souci constant d’unité est présent dans cette œuvre qui débute avec le violon solo. Dans la première partie, il semble vouloir imposer, de manière obstinée, un discours fluide et continu auquel s’opposent les verticalités des cuivres et les ponctuations des bois. La deuxième période est marquée par la lente exploration d’une matière sonore cristalline sur laquelle le flux mélodique reprend un moment avant de disparaître dans les résonances de la harpe, du célesta, des cloches-tubes et du vibraphone. Introduit par les timbales, le troisième mouvement confronte les percussions aux harmonies doucement changeantes des cordes auxquelles s’unit parfois le soliste, tandis que la brève conclusion permet au violon de s’extraire définitivement de l’ensemble ».

Pierre Albert Castanet

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