Sur l’île ovale de couleur bleue (2015)

pour soprano et quatuor à cordes (20’)
Commande du Fonds de Mécénat Groupe Olvea et la Ville de Fécamp pour les Journées Européennes du Patrimoine 2015
Création le 19/9/15 à Fécamp (Église Saint-Etienne) par Kaoli Isshiki et le Quatuor Stanislas

Editions Musicales Rubin

CD FOR 16888, Kaoli Isshiki et Quatuor Stanislas 

Cette composition musicale s’inspire de l’ensemble de six tapisseries de la fin du XVème siècle intitulé La dame à licorne que l’on peut voir à Paris au musée de Cluny.

Les six tapisseries reprennent les mêmes éléments : sur une sorte d’île plantée de touffes de fleurs vivaces, de couleur bleu sombre qui contraste avec le fond rouge vermeil ou rose semé d’animaux et de branches fleuries, on voit une femme entourée d’emblèmes héraldiques, une licorne à droite et un lion à gauche, parfois accompagnée d’une suivante et d’autres animaux.

Cinq des représentations forment une allégorie des cinq sens : le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe, la vue. La sixième tapisserie, sur laquelle on peut lire la formule « Mon seul désir » (encadrée d’initiales A et I) est plus énigmatique.

Mais cette œuvre pour soprano et quatuor à cordes s’inspire aussi de la “lecture” que fait Rainer Maria Rilke de ces tapisseries dans Les carnets de Malte Laurids Brigge :

“… il y a six tapisseries, viens passons lentement devant elles. Mais, d’abord, recule un peu et regarde-les toutes à la fois… Qu’elles sont paisibles n’est-ce pas ? On y voit peu de changement. Il y a toujours cette île ovale de couleur bleue, flottant au-dessus du fond d’un rouge hésitant, qui est fleuri et habité par de petits animaux, tout occupés d’eux-mêmes. C’est seulement là-bas sur la dernière tapisserie, que l’île s’élève un peu, comme si elle était devenue plus légère …”

La partie vocale faite de phonèmes est clairement soliste tandis que les cordes apparaissent le plus souvent comme un prolongement organique du chant. Il en résulte une œuvre musicale d’un seul tenant constituée de onze sections enchaînées où le temps semble s’écouler avec douceur et mystère.

La partition qui tente de proposer une « résonance » aussi bien à l’ensemble des six tapisseries qu’aux mots de Rilke s’inscrit dans la lignée de pièces antérieures comme Pour traverser le temps je t’ai donné des ailes, La Ghirlandata, Le diapason de satin, Orange and yellow hommage à Morton Feldman qui respectivement s’inspiraient de toiles de Brueghel, Rossetti, Tanguy et Rothko.

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