Pour voir la nuit fléchir (1991)

pour quatuor à cordes (16’30 »)
Commande du Centre Culturel – Scène Nationale de Fécamp
Création le 14/3/92 à Fécamp par le Quatuor Margand
Nombreuses exécutions par le quatuor Margand (en Haute-Normandie et au Château de Grignan : 14ème cycle international de musique de chambre) puis par le quatuor Onyx (notamment à la Cité de la Musique).

Éditions Jobert

CD FOR 16888, Quatuor Stanislas

Ce quatuor, constitué de neuf sections enchaînées, tente de transcrire la capture d’un instant, une vision panoramique entre la nuit et le jour, une contemplation des couleurs de l’aube. Sous un tour poétique, Nathalie Dumesnil analyse ainsi la partition : « Comme sorti de la pénombre, un Sol# d’alto émerge du silence, hésitant, à tâtons ; à sa troisième apparition, d’autres formes apparaissent : sons brefs (col legno et pizzicati) et sons tenus se profilent, fusionnent, le temps d’un accord… mais déjà s’éparpillent, nous perdent dans la nuit encore dense. Tour à tour rauque (sul ponticello), furtif ou insistant (Mi du violoncelle), chantant (contrepoint conjoint des deux violons), notre quatuor s’anime soudain, loquace, tourne en rond pour conclure dans le grave à l’unisson. Puis un deuxième élan articulé génère un accord où se mêlent doubles cordes et harmoniques : le temps est suspendu. Des trilles d’impatience circulent. Des traits fugaces se rejoignent et ralentissent. Le discours se fait plus disert, venant de nulle part et y retournant ; une sorte de vie intense mais souterraine, les motifs s’enchevêtrent, parfois plus sombres, les sons tenus en crescendo / decrescendo (figure chère au compositeur) se répondent et tournoient. Le voile se déchire soudain. Comme un fil, fragile, les harmoniques et les tenues nous transportent vers l’aigu, comme attirés vers une luminosité ô combien sereine. Les sons s’étirent… dernières brumes avant le jour ».

Pierre Albert Castanet

 

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