Eôs (1997-1998)

pour 11 instruments : flûte (+Piccolo), flûte alto, hautbois, clarinette, clarinette basse, basson, deux percussions, piano, harpe et contrebasse (12′)
Percussion : vibraphone, marimba, cloches-tubes, cymbale suspendue aiguë, 3 tam-tams (grave, médium, aigu)
Commande du C.N.R. de Metz
A Jean-Pierre Pinet
Création le 16/3/99 à Metz par l’Atelier de Musique Contemporaine du C.N.R., direction Jean-Pierre Pinet

Éditions Max Eschig

Tout comme dans la mythologie où Eôs – la déesse de l’aurore – est fille d’Hypérion, il existe une filiation entre le concerto pour cor et cette pièce pour ensemble dont l’écriture débuta peu après la composition du concerto. Mais le « son » particulier d’Eôs vient de sa formation instrumentale et de l’unique échelle de hauteurs utilisée. L’ensemble instrumental est en l’occurrence dépourvu de cuivres et de quatuor à cordes; il est constitué d’un sextuor de bois et d’un quintette « résonnant ».

Au niveau analytique, l’échelle de hauteurs combine une omniprésence des hauteurs Fa, Fa#, Si et Do (sonnant à toutes les octaves) avec la succession demi-ton/deux tons et demi/deux tons et demi à partir de Mi0 (Mi de la contrebasse) : Mi0 Fa0 Sib0 Mib1 Mi1 La1 Re2 Mib2 … ce qui donne : Mi0s Fa0 Fa#0 Sib0 Si0 Do1 Mib1 Mi1 Fa1 Fa#1 La1 Si1 Do2 Re2 Mib2 Fa2 Fa#2 Sol#2 Si2 Do3 Do#3 Re3 Fa3 Fa#3 Sol3 Si3 Do4 Do#4 etc…

Pour le site internet consacré à Dominique Lemaître, Nathalie Dumesnil a tenu à rappeler que « du respect strict de cette échelle associé à la réunion instrumentale inhabituelle (notamment par l’absence du quatuor à cordes) émane une sensation de devenir, de recommencement, un sentiment d’attente, tout comme l’Aurore, symbole de l’éveil sans cesse renouvelé et de tous les possibles ».

Pierre Albert Castanet

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