Après le silence 2 (1986)

 pour percussion solo (9 toms) (12′) – A Bernard Heulin
Création le 12/10/1986 à Arques-la-Bataille par Bernard Heulin
Nombreuses exécutions par Bernard Heulin, Yi-Ping Yang, Minh Tam Nguyen…

Editions Jobert

Cette œuvre tient son titre du fait qu’elle est issue d’un triptyque écrit antérieurement par Dominique Lemaître, pour percussion et bande magnétique, nommé Après le silence. Dans le texte de programme du concert du 14/01/02 à Lyon, Colin Roche rappelle que « d’après certaines légendes, la naissance du monde serait le fait d’un son : un claquement de doigts dans certaines tribus africaines, le verbe en Egypte… ». Dans ce sillage, Après le silence 2 est une pièce écrite sur le mystère de cette naissance, une référence au big bang. Du reste, aux dires du compositeur, une phrase extraite du Livre des Morts Tibétain peut être considérée comme l’une des sources d’inspiration de cette pièce : « Du centre de cette radiation sortira le son naturel de la Réalité se répercutant simultanément comme des milliers de tonnerres. Ceci est le son naturel de ton propre et véritable être ». En outre, notons que le plasticien Jacques Asserin a conçu une installation pour ce solo de toms.

L’œuvre percussive se présente sous la forme d’un pentateuque. La partition incantatoire est donc construite en cinq parties, évoluant du solennel au rythmique, passant même par une section improvisée par l’interprète, ajoutant à l’ensemble un côté tribal assez prononcé. « Les différentes séquences s’enchaînent de façon souple, et la cellule initiale prolifère jusqu’à un final d’un extrême dynamisme. L’impact, les résonances de peaux, l’aspect essentiel et élémentaire du rythme (c’est-à-dire fondateur de l’art musical) sont ici mis en valeur » note Colin Roche. Dans un article pour la revue Percussions n°15 intitulé « Pour le sable … pour la perle » publié en juin 2004, Nathalie Dumesnil remarque que « les premières frappes martiales de l’œuvre – régulières comme un battement cardiaque – sont progressivement perturbées par quelques appogiatures annonçant un épisode contrasté (trémolos en crescendo-decrescendo entrecoupés de groupes de sons brefs). Puis une nouvelle pulsation s’installe, annonçant une section libre (exemple unique chez Lemaître) alors que le tempo s’accélère ; cette transition improviséeaboutit à la dernière séquence composée de courtes cellules enchaînées évoluant de l’aigu au grave ».

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